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Le très faible taux de fréquentation des musées africains et la faiblesse de leurs ressources, à quelques rares exceptions, sont des indicateurs d’une marginalisation croissante de ces institutions. Or, il est admis aujourd’hui que dans le défi du développement durable de l’Afrique, la culture doit jouer un rôle important. De ce point de vue, les musées recèlent un fort potentiel, encore inexploité.

« Les musées au service du développement (MSD) » est un programme de soutien au développement des musées et institutions assimilées pour qu’ils deviennent des acteurs importants de la vie éducative, culturelle, sociale et économique de l’Afrique.

C’est dans ce vaste programme initié par l’Ecole du Patrimoine Africain (EPA) que s’inscrit le projet « Afrikatelier ». Quatre binômes de designers partiront à la rencontre du continent, de ses artisans et de ses codes plastiques ancestraux. Cet échange entre deux cultures de l’objet, différentes mais complémentaires,  sera le moteur de la création d’artefacts singuliers, fruits de l’alchimie entre savoir-faires traditionnels et volonté d’innover dans les méthodes de conception.

Pour être pérenne, cette production devra prendre en considération l’environnement dans lequel elle s’inscrit, à savoir la réalité économique et sociale de l’Afrique. Il faudra donc s’interroger  d’une part  sur les matériaux utilisés, mais aussi sur les process de fabrication et les modes de distribution de ces objets. La création d’un label est d’ailleurs envisagée pour valoriser cette démarche. Cette exigence de durabilité, et de viabilité économique, ne devra cependant pas constituer un  frein à la créativité. Celle-ci devra trouver ses sources dans l’immersion et l’expérience plutôt que dans une démarche trop établie. Apporter un regard nouveau pour une relecture originale du patrimoine et de la tradition africaine de l’objet, réfléchir à la relation de cette production avec le musée, tels sont en somme les buts de ce programme.

Par l’intermédiaire de ce Blog, les huits designers pourront rendre compte de leurs pérégrinations et de l’évolution de leur travaux au sein de quatre pays : le Sénégal, le Bénin, le Cameroun et le Burkina Faso.